Élargissement de l’OTAN : la Turquie demande à la Suède et à la Finlande d’extrader 33 personnes

Photo of author
Written By Sébastien

Passionné de Madrid depuis plus de 10 ans je vous donne toutes mes astuces

La Turquie considère cela comme une chose naturelle. Après avoir levé son droit de veto contre la Suède et la Finlande qui ont rejoint l’Otan par un traité signé à Madrid, le gouvernement turc a demandé l’extradition de 33 personnes considérées comme terroristes.

« En vertu du nouvel accord, nous demanderons à la Finlande d’extrader six membres du PKK et six membres de Fetö, et à la Suède d’extrader dix membres de Fetö et onze membres du PKK », a annoncé le ministre, le juge Bekir Bozdag. « Nous leur demanderons de tenir leur promesse », a-t-il ajouté, selon un communiqué transmis par son service.

Après plusieurs heures de négociations, les ministres des Affaires étrangères de Turquie, de Suède et de Finlande ont signé mardi soir un protocole d’accord ouvrant aux deux pays nordiques l’accès à l’Alliance atlantique.

Des membres du PKK et de Fetö

Des membres du PKK et de Fetö

Le processus d’intégration de Stockholm et d’Helsinki est bloqué depuis la mi-mai par Ankara, qui exige leur « pleine coopération » dans la lutte contre le terrorisme. Par conséquent, ce à quoi les deux pays se sont engagés, en termes de choses à publier.

Pour la Turquie, l’accord a été interprété comme un chèque en blanc pour l’extradition de 33 personnes, dont onze membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classée organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.

Dix autres personnes sont concernées, considérées comme des appartements à Fetö, un mouvement fondé par le prédicateur américain Fethullah Gülen et considéré par le président Recep Tayyip Erdogan comme l’instigateur de la tentative de coup d’État de juillet 2016.

Les deux mouvements ainsi que plusieurs organisations affiliées au PKK, telles que les Unités de protection du peuple (YPG), qui opèrent aux frontières de la Turquie dans le nord de l’Irak et de la Syrie, ont été explicitement mentionnés dans le mémorandum, qui vise à renforcer la coopération antiterroriste.

Ankara met la pression

Ankara met la pression

Pour Ankara, cela passe par l’extradition : « La confiance dans l’Otan ne peut être assurée qu’en garantissant la sécurité de ses membres », a poursuivi le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag, figure de proue du parti au pouvoir AKP, nommé en janvier dernier. « Mais on voit de nombreux pays, dont les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, la Suède, soutenir ouvertement des organisations terroristes depuis longtemps », a-t-il ajouté.

Le ministre s’est réjoui de voir le mouvement Fetö « reconnu parmi les organisations terroristes » dans le mémorandum et pas seulement le PKK – qui est classé comme tel par l’Union européenne et les Etats-Unis notamment. Mais il a souligné : « Pour nous, il ne suffit pas d’écrire, nous veillerons aussi à la mise en œuvre de l’accord (…) article par article ».

Les noms des 33 personnes réclamées n’ont pas été dévoilés. « Il n’est pas nécessaire de renvoyer les dossiers », a déclaré le ministre, sous-entendant que les deux capitales les connaissaient. Le quotidien turc Hurriyet a dressé mercredi une liste potentielle de 45 noms.

« La Turquie a obtenu ce qu’elle voulait », a remporté mardi soir la présidence turque. Auparavant, Erdogan avait été convaincu de rencontrer le chef de la Maison Blanche mercredi à Madrid. Or, selon des sources officielles américaines, Washington « n’offre rien » à Ankara pour lever ses barrières à l’élargissement de l’OTAN.

L’interprétation de l’accord devrait occuper divers membres de l’OTAN pendant le processus d’intégration suédois et finlandais, qui commence officiellement mercredi. Si le cours est suivi, le traité doit rester en vigueur jusqu’à la ratification. Un droit de veto a été instauré, mais les discussions se sont poursuivies.