Super-Rafale, Mirage NG : la France devrait étudier à moyen terme des alternatives à SCAF-Meta-Defense.fr

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Written By Sébastien

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Ce serait un euphémisme de dire que le programme d’avions de combat de nouvelle génération du SCAF, qui associe la France, l’Allemagne et l’Espagne, est aujourd’hui en déclin. Après plusieurs épisodes de tension sur le partage industriel entre Paris, Berlin et Madrid, le programme est désormais à l’arrêt en raison de l’impossible accord que l’Allemagne et Airbus Défense & L’espace tente de faire accepter Paris et Dassault Aviation, ce qui obligerait le groupe aéronautique français à partager le pilotage du premier pilier concernant la conception du chasseur de nouvelle génération, ou NGF, avec son homologue allemand. La situation étant complètement gelée depuis plusieurs semaines maintenant, Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, ne cesse de répéter des déclarations aux médias pour bien faire comprendre que son groupe ne fera aucune concession supplémentaire à Airbus DS. La trajectoire mortelle du programme semble avoir atteint même Berlin, car un rapport du ministère allemand de la Défense a indiqué que les autorités allemandes seraient prêtes à abandonner le programme SCAF, compte tenu des profondes déviations impliquées.

Rappelons, à cet égard, l’exceptionnelle discrétion des autorités françaises à ce sujet. S’il est vrai que l’exécutif a probablement aujourd’hui de nombreux dossiers à régler, il n’en demeure pas moins que le programme SCAF, ainsi que son homologue blindé lourd MGCS, sont avant tout nés de la volonté politique partagée par Emmanuel Macron et Angela Merkel, la le premier pour donner corps à son ambition de défense européenne, le second comme une issue aux difficultés attendues pour l’Allemagne après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en 2016. Depuis, le contexte a profondément changé, de Joe Biden au destitution de Trump et de relancer la coopération transatlantique et le rôle central des États-Unis au sein de l’OTAN. Quant aux démarches répétées d’Emmanuel Macron en faveur de La Défense Europe, elles restent toutes lettre morte chez ses voisins européens. Seuls les programmes SCAF et MGCS restent porteurs de cette ambition, même s’ils sont désormais confrontés à certaines réalités industrielles, opérationnelles et doctrinales, certes parfaitement identifiées depuis longtemps, mais qui aujourd’hui ne sont plus compensées par la politique forte de Macron. – Le couple Merkel.

Quoi qu’il en soit, avec un avenir plus que sombre qui s’annonce pour le SCAF, on voit mal comment un Emmanuel Macron politiquement affaibli et un Olaf Scholz plus atlantiste que jamais pourraient s’investir pour le sauver, ce qui ne va pas sans poser des défis importants au l’industrie française de défense, mais aussi et surtout pour les forces aériennes et navales du pays, car une nouvelle course aux armements technologiques s’est engagée. Certes, pour Dassault Aviation, le Rafale a un potentiel d’évolution pour tenir la ligne pendant plusieurs décennies. Cependant, et sans douter du fait qu’une telle hypothèse conviendrait parfaitement au constructeur et à ses actionnaires alors que le carnet de commandes du Rafale est plein à 10 ans, le limiter à un développement itératif de l’avion dans les années à venir pourrait conduire à une sclérose de l’avion. connaissances et expériences et la compétitivité de tout ce secteur, crucial pour l’économie et la défense nationale. Dans ce cadre, 3 hypothèses peuvent être étudiées pour répondre à ces enjeux industriels, technologiques et de sécurité : la conception du Super-Rafale, celle du Mirage NG, ainsi que le redémarrage du SCAF avec d’autres partenaires, européens ou non. .

Le Super-Rafale : un chasseur de transition

Le Rafale est un avion de combat hors pair, et son succès à l’export en est une parfaite démonstration, notamment au regard de l’offre agressive et attractive de l’industrie américaine avec les F-35, F-16V et F-15EX. Outre ses performances de pointe et sa polyvalence unique sur le marché, le Rafale brille surtout par sa capacité à évoluer, à tel point que les premiers Rafale F1 livrés à la Marine Nationale au début des années 2000 ont été mis aux normes. Le F-3R omnirôle, équipé du radar EASA RBE2 et du missile air-air longue portée Meteor, et qui dans le futur sera même porté au standard F4 et ses capacités entrant dans la 5ème génération. Cependant, la conception actuelle du Rafale commence à atteindre ses limites, ce qui a conduit Dassault à concevoir l’évolution du F4 en deux standards, l’un pour les avions de la série précédente, l’autre pour les nouveaux avions, afin de disposer de nouvelles capacités évolutives dans le futur. Ce principe pourrait être étendu comme ce fut le cas du Gripen E/F vis-à-vis du Gripen C/D, du F/A-18 E/F Super Hornet vis-à-vis du Hornet ou du Super-Etendard vis-à-vis de l’Etendard , à savoir concevoir, dans un délai relativement court, un nouveau Rafale adapté aux besoins futurs, notamment ceux pour lesquels le Rafale actuel ne pourra pas être développé.

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